Contrôle et interventionnisme

    En ces temps de grands changements, la conscience humaine est aux aguets. Le niveau d'incohérence et de confusion atteint son paroxysme tout autour de nous comme en nous-même. Cela intensifie, chez plusieurs êtres, le sentiment d'être désorienté et même complètement perdu.

 

   Il importe de se remémorer que de nombreuse interventions extérieures ont été manigancées puis exécutées afin d'influencer et de modifier la façon dont les humains vivent et ressentent certaines réalités. De nombreuses croyances et illusions influencent les êtres à développer et à maintenir des schèmes relationnels personnels et collectifs malsains, générateurs de souffrance. Il est tout à fait possible de se libérer de ces emprises afin de rétablir les faits et de ne plus être victime de réactions mentales et/ou émotionnelles malsaines.

 

   Les êtres humains portent en eux un potentiel d'adaptation sans limite; ce potentiel peut cependant générer divers pièges car il permet l'adaptation à des situations malsaines. Tout comme le corps peut tolérer certains poisons tels que les produits chimiques et/ou toxiques auxquels il est exposé (le tabac par exemple), la psyché humaine peut également, par des processus d'imprégnation et d'habituation, considérer comme normales des conditions ou situations de vie malsaines.

 

  C'est pour cette raison que la centration demeure une option primordiale nous permettant de vivre le plus sereinement possible tous les bouleversements dont nous sommes témoins. Il faut néanmoins saisir que chez l'humain, le ressenti des malaises ou mal-être quoiqu'inconfortable et désagréable s'avère être, en réalité, un tremplin dans le processus de transformation personnelle.

 

   Les sensations et émotions sont humaines et naturelles. Quoiqu'il advienne, l'être a besoin de les ressentir lorsqu'elles se manifestent en lui. Aucune pensée, aucune croyance, si belle soit-elle, ne doit éloigner l'être de son ressenti qui doit être vécu dans la conscience qu'il est toujours temporaire et simplement porteur d'informations pertinentes à une meilleure connaissance de soi. Toutes tentatives d'intervention afin de modifier des situations vécues par d'autres êtres et qui sont jugées intolérables, découlent d'un désir de contrôle et d'un oubli important: le hasard n'existe pas...

 

  Tout ce qui se déroule est, par conséquent, juste... et favorise une reconnexion avec le sens réel et profond de la présence de tous et chacun sur cette planète en ce moment même..

 

   Il est donc essentiel de demeurer conscient que lorsqu'une expérience vécue par d'autres nous touchent particulièrement, c'est qu'elle ravive de vieilles mémoires de souffrances qui déclenchent, à leur tour, un désir irréaliste de réparation. L'interventionnisme n'est certes pas issu d'un mouvement d'amour mais plutôt d'une projection d'une partie de soi qui, craignant de souffrir de nouveau, tente par tous les moyens de contrôler l'incontrôlable.

 

  Les peurs, manques et souffrances ne proviennent, en fait, que de réactions de fermeture lors d'expériences particulièrement difficiles au cours desquelles l'être ne se sent pas accueilli et accompagné tel qu'il en a simplement besoin. La vulnérabilité ressentie est alors perçue et interprétée comme étant dramatique; l'être a donc recours à de nombreuses fermetures croyant ainsi atténuer le danger ou la souffrance. Mais ces fermetures ne protègent nullement l'être, elles le condamnent à demeurer dans un mode de survie. Il s'agit d'un univers fermé dans lequel l'être demeure complètement centré sur lui-même.

 

    La fermeture et le contrôle utilisés comme moyens de protection empêchent d'ailleurs divers contacts précieux avec toutes les dimensions de l'être. Ces mécanismes de défense conditionnent par exemple l'être à rechercher, par le biais de la personnalité, de l'attention et de la reconnaissance à l'extérieur, chez les autres. L'être demeure continuellement centré sur son univers personnel et n'arrive pas à reconnaitre la réalité de l'autre. L'être peut ressentir et manifester le désir d'aider autrui mais derrière certaines de ses attitudes, nous pouvons déceler une forme de jugement et même d'imposition car l'être n'arrive ni à connaitre l'autre et encore moins à accueillir et respecter un vécu différent du sien.

 

   Le phénomène de surprotection, illustre bien un des pièges de l'interventionnisme. Ce phénomène consiste entre autre à adopter des attitudes et comportements dans l'objectif de modifier une expérience jugée menaçante, pénible ou carrément dangereuse. L'intention consciente est d'améliorer une situation en la rendant soi-disant positive mais les moyens utilisés génèrent en fait des fermetures et l'évitement de tout dérangement jugé négatif. L'intention réelle concerne donc une prise de contrôle de différents aspects de la réalité.

 

    Contrairement aux croyances populaires, la surprotection ne découle nullement de l'amour; ses diverses manifestations témoignent de profondes insécurités liées à des fausses croyances concernant l'existence humaine. La notion de faire plaisir à l'autre par exemple, ou de lui simplifier la vie implique bien souvent des motivations inconscientes et des attentes irréalistes envers l'autre. La surprotection, à l'instar de toute tentative de contrôle, est antirelationnelle. Bien que démontrant une volonté de bien faire, elle ne vise essentiellement qu'à se protéger ou à protéger l'autre de l'expérience des réalités de l'existence humaine. Elle nuit à la connexion ou reconnexion de l'être à ses réalités intérieures et extérieures.

 

     Seule l'ouverture au ressenti véritable de l'être peut le libérer de ses croyances erronées ou illusoires engendrant tant de comportements autodestructeurs, générateurs de frustrations, de colères et de souffrances. L'être a besoin de réapprendre à être présent en lui-même et à s'ouvrir au potentiel formateur de l'expérience humaine et de son ressenti .

 

    L'expérience de nombreuses ouvertures favorise grandement la découverte et l'apprentissage du discernement. Il devient alors possible de recueillir et d'intégrer toutes les informations disponibles dans vos réalités intérieures et extérieures sans utiliser de mécanismes de défense stériles tels que l'intellectualisation, la rationalisation, la négation ou la dramatisation ( vous trouverez une description détaillée de ces mécanismes de défense dans mon livre intitulé Du plongeon à l'envol ). Tous ces mécanismes sont malsains et ne tendent qu'à créer ou à alimenter les peurs, la méfiance, l'ambivalence, la révolte, l'agitation, le dispersement, l'oubli et l'aveuglement.

 

    C'est avec une présence nouvelle, issu du centre de l'être véritable, qu'il est possible de quitter cette tendance au contrôle et à l'interventionnisme. L'être accueillera ce qui Est en s'accompagnant sainement dans les diverses expériences de son existence et ce, sans juger de ce qui est bien ou mal ou de ce qui doit être ou ne pas être. Ce lâcher prise engendre dans un premier temps des choix libres et conscients puis des actions justes dans un deuxième temps. La notion de confiance est explorée différemment et approfondie; se présente alors l'opportunité de vivre plus intensément l'engagement de notre être profond dans sa participation à l'oeuvre cosmique.

 

 

Virginie

 

  

 

   

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