La liberté d'être

   Par peur de tolérer ce qu'il juge intolérable, l'être choisit d'accepter l'inacceptable...

 

    Par peur de ressentir, il se coupe de son corps. Il y emprisonne ses malaises, douleurs et frustrations et se condamne ainsi  à ne ressentir que ce qu'il choisit de fuir...

 

   Par la fermeture, l'être choisit l'ignorance, le mensonge et l'inconscience...

 

   Par l'ouverture à ce qu'il ressent, il apprend à tolérer l'intolérable... Il récupère ainsi la force et le courage nécessaires afin de dire non à l'inacceptable...

 

   Par l'affirmation de soi, il s'ouvre à de nouvelles réalités et découvre la liberté... En récupérant le droit de dire non à ce qui ne lui convient pas, il redevient libre de dire oui à ce dont il a véritablement besoinLes choix sont clairs et sans équivoque...

 

   Par l'expression saine de son être véritable, il communique aux autres des informations susceptibles d'éclairer une voie saine, celle de l'ouverture...

 

 

   Dans les faits, c'est au cours de l'enfance que l'être est amené à se retirer progressivement et parfois radicalement de l'expérience consciente de ses dimensions psychiques, affectives, corporelles et énergétiques. En tentant de se protéger de la peur, de la douleur et de la souffrance, il se ferme en se coupant littéralement de son ressenti et par le fait même, de son corps. Par l'entremise de son ego, il quitte le centre de son être et emménage  dans sa tête, siège du mental inférieur lui-même dissocié de son univers plus vaste, de la conscience du Soi.

 

   Il semble bien que le mental, flatté par l'importance qui lui est ainsi accordé, s'investit d'un rôle autre que celui qui lui est attribué à priori. Il se prend pour un gardien de l'ordre nouvellement ou plutôt cruellement établi. Cruel, car cet ordre, ce contrôle est basé sur la négation de soi. Cela engendre inévitablement une scission entre différentes parties de l'être qui se retrouve alors coupé de son centre. Privé de cette capacité à se centrer en lui-même, il ne peut que se centrer sur lui-même.

 

   Il adopte un mode de survie. Tous ces comportements et attitudes ne visent qu'à conserver un certain contrôle sur tout ce qui pourrait compromettre son équilibre précaire, révélant ainsi les peurs et insécurités, les mensonges, bref toute la mascarade... En adoptant ces diverses attitudes, l'être s'éloigne tant de son centre intérieur qu'il devient étranger à qui il est et à ce qu'il est véritablement. Dans bien des cas, l'être ne se connaît plus, ne sait plus comment se connaître et encore moins se faire connaitre à l'autre. Les pièges relationnels se multiplient lorsque cet être réagit à son environnement le privant ainsi d'une interaction saine et nourrissante.

 

   Dans la perspective de retrouver sa liberté d'être, il importe de réapprendre à communiquer avec son monde intérieur en accueillant et en explorant les peurs et émotions présentes puis en acceptant de se faire connaître à son environnement extérieur.

 

    Lorsqu'un être ressent toutes ses possibilités d'ouverture, il développe une relation saine avec toutes les informations qui circulent dans ses différents univers intérieurs et extérieurs. Il les accueille sans jugement et en ressentant quelles sont celles qui s'avèrent pertinentes à la poursuite de son chemin; quant aux autres informations, elles peuvent traverser sa conscience mais n'attirent pas outre mesure son attention et ne créent pas de confusion ou de croyances supplémentaires. Lorsque l'être reconnaît l'entière responsabilité de son vécu dans son existence humaine, il identifie beaucoup plus facilement les croyances et illusions qui peuvent déformer sa vision des diverses réalités.

 

   L'être quitte l'univers de la fermeture et du contrôle et commence à ressentir une certaine forme de sécurité. En ce qui concerne la sécurité, le piège du contrôle pourrait se résumer par la phrase suivante: "je dois tout contrôler afin de m'assurer d'éviter de vivre ce que je redoute". La sécurité saine, quant à elle, ressemble plutôt à "quoi qu'il m'arrive, je suis toujours là, présent, accueillant et à l'écoute de mon être véritable". Cette attitude implique évidemment la conscience, la connaissance et la reconnaissance inconditionnelle de soi. Ces états permettent alors l'expérience de l'autonomie et de l'indépendance dans le respect de la responsabilité personnelle de tous et chacun.

 

   L'être libre choisit par conséquent de demeurer centré quoiqu'il advienne. Et vous, que choisissez-vous?

 

Virginie                         

  

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